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Le Cyclisme change les habitudes

·         Les Effets économiques du cyclisme.

·          La lucha de clases

LE CYCLISME CHANGE LES HABITUDES

Dans deux années on fêtera 1900 et les bicyclettes continuent de faire leur loi sur les routes européennes, même si cela est désormais une évidence, le temps de leur prédominance touche a sa fin : dans peu de temps, en effet, les automobiles feront leur apparition, portant a leur bord les classes aisées. Toutefois, en attendant, le vélocipédisme perdure. En réalité, son essor n'est autre qu'un symptôme de la relation de cause à effet qui s'est établie entre la prospérité économique et la jouissance des loisirs. Dans cette mesure, aux portes du XXe siècle, la bicyclette n'est plus un simple sport, mais elle est devenue un phénomène de société, avec des répercussions économiques. C'est ainsi que le comprit l'hebdomadaire Bilbao du 30 janvier 1897. Cette revue espagnole, qui se définissait comme « commerciale, minière, industrielle et maritime », publia alors un curieux article intitulé : Les Effets économiques du cyclisme.

                                                            « Rien ne pouvait arrêter les bicyclettes »

Au même moment, la mode du cyclisme suscitait aussi des discussions passionnées. De nombreux ouvriers qui considéraient la bicyclette comme un passe-temps de la haute société, se montraient hostiles face à un sport aussi élitiste. Cependant, rien ne pouvait arrêter les bicyclettes. Ni les journaux, ni l'opposition de l'empereur d'Allemagne lui-même qui, en 1897, en voyant un officier de l'armée sur un vélocipède, le gifla en public pour blâmer sa conduite - un fait qui devait avoir une conséquence tragique car le militaire, humilie, se suicida le jour suivant.

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· Les Effets économiques du cyclisme.

Cette revue y mentionnait une étude réalisée par un journaliste américain, Bishop, selon lequel les progrès du cyclisme allaient mener à la ruine plusieurs industries et branches du commerce. Pour lui, et il citait à ce titre l'Angleterre comme exemple, la prolifération des bicyclettes avait fait baisser la vente de voitures à chevaux et de pianos, comme le nombre de jeunes gens inscrits dans les conservatoires de musique. De plus, assurait Bishop, cette mode cycliste avait fait diminuer de 200 000 têtes le cheptel de chevaux de Londres, car les gens préféraient monter à bicyclette plutôt qu'à cheval. Même les bijoutiers se plaignaient de la mauvaise influence du nouveau sport :

« Ce métier se porte très mal. Rares sont ceux à présent, dans Londres, à acheter des montres en or et en argent, lesquelles sont remplacées par de solides chronomètres (en acier), capables de supporter les accidents propres au cyclisme».

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La lucha de clases

La Lucha de Clases, où commença à écrire le célèbre écrivain et penseur Miguel de Unamuno. Celui-ci s'éleva rapidement contre les cyclistes et c'est ainsi que nous pouvons retrouver de manière intermittente dans ses pages divers articles où il s'en prend au cyclisme et, surtout, à ses pratiquants :

« Les garçons à bicyclette vont par les rues et les chemins de Dieu bousculant à tout va, dit-il dans l'un d'eux et, conseillant à ces cyclistes de ne pas être si impétueux, il ajoute: s'ils agissent ainsi, ce ne sera que justice, car, pour la marche de la société,la vie d'un travailleur vaut autant que celle d'un cycliste. Un cycliste n'a qu'une valeur d'obstacle ».

A peine un mois plus tard, il poursuivait sa diatribe :

« Un petit monsieur cycliste a renversé hier une humble servante. Mais qu'est-ce qu'ils s'amusent les enfants de riches avec leurs bicyclettes! Ces rupins n'ont pas une seule bonne idée. Mais quand la mairie interdira-t-elle les bicyclettes? C'est une honte. Pourtant, on consent tout aux petits messieurs bourgeois. Le soir avec leurs cuites, le matin renversant les pauvres ouvriers avec leurs bicyclettes... Ce que vous savez bien ».

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